Une newsletter avec des noyaux à l'intérieur #23
Autodidacte, je partage dans ma newsletter mes découvertes, mes expérimentations et les étapes de mon projet artistique sur un tempo “qui va piano va sano”. Il est possible que la newsletter soit trop longue pour un e-mail. Dans ce cas, ouvrez-la dans un autre onglet.
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Bonne lecture !
Le temps des cerises
Récemment j’ai glissé dans mon sac à main, un très court recueil de poèmes de Victor Hugo, L’âme en fleur (deuxième livre des contemplations et largement inspiré de sa relation avec Juliette Drouet, il est le livre des amours de Victor Hugo). Mon trajet en métro est trop court pour que je puisse me plonger vraiment dans un livre mais je refuse de le passer le nez sur mon téléphone portable. C’est en ouvrant ce petit livre que je suis tombée sur un poème dans lequel il est question de cerises.
Nous allons au verger cueillir des bigarreaux
Avec ses beaux bras blancs en marbre de Paros
Elle montait dans l’arbre et courbait une branche
Les feuilles frissonnaient au vent; Sa gorge blanche,
ô Virgile, ondoyait dans l’ombre et le soleil
Ses petits doigts allaient chercher le fruit vermeil,
Semblable au feu qu’on veut dans le buisson qui flambe.
Je montais derrière elle : elle montrait sa jambe,
Et disait “Taisez-vous” à mes regards ardents;
Et chantait. Par moments, entre ses belles dents,
Pareille, aux chansons près, à Diane farouche,
Penchée, elle m’offrait, la cerise à sa bouche:
Et ma bouche riait, et venait s’y poser,
Et laissait la cerise et prenait le baiser.
Mon envie de dessiner ce fruit est né de cet instant. J’ai d’abord réfléchi à la composition de mon dessin puis j’ai, dans mon carnet de croquis qui est plus un carnet de brouillon, testé différents rouges. Vermillon, écarlate, ou carmin, j’aurais pu aussi aller vers des violets, la couleur de ce fruit étant très différente selon sa variété (rouge très clair pour la cerise de Montmorency dite aussi griotte ou grenat pour la burlat).
En réalité entre brouillon et dessin, les choses bougent toujours : d’abord parce que le papier n’est plus le même et que cela change le rendu des couleurs, la façon dont le pastel se dépose et même se superpose. Ensuite j’ai sélectionné plusieurs teintes pour donner du volume au fruit et travailler les zones d’ombre et j’ai commencé par une première couche de jaune.


Ce travail sur les cerises a aussi été l’occasion de tester plusieurs alternatives matérielles pour accentuer le reflet sur les fruits. J’ai essayé :
le posca blanc (pas concluant sur le pastel avec un effet “pâté” mais je vois beaucoup d’artistes qui utilisent les feutres posca et il se peut que je n’ai pas choisi le plus adapté)
le feutre blanc de la marque Faber-Castell (peu visible)
le stylo gel blanc (quasi invisible)
Finalement j’ai renforcé les zones que j’avais laissées vierges avec un pastel néocolor blanc puis je l’ai estompé.


En avançant dans mon dessin, s’est posée la question de l’arrière-plan. Là encore je suis passée par le brouillon mais aussi par la photo car je voulais dessiner une ombre portée et j’avais besoin de savoir comment celle-ci était sensée se placer. Merci donc au mannequin main qui s’est prêté à l’exercice :)


Ce dessin étant un format A4, j’ai passé pas mal de temps sur le fond (surface assez grande à couvrir) en mélangeant et en fondant deux couleurs (le rose saumon et le jaune lumière) en plusieurs couches.
La saison des cerises est courte mais il est possible qu’une autre illustration avec ce fruit suive.
Naturel ou pro ?
J’ai aussi réfléchi à la présentation en ligne de mes illustrations. En général, une fois une illustration finie, je la prends en photo (avec mon téléphone, l’idéal serait bien entendu un vrai appareil photo mais pour l’instant ce n’est pas un achat prévu), je retravaille mes différentes prises de vue avec une application qui s’appelle lightroom et je les présente ainsi sur les réseaux sociaux ou sur mon blog.
Faut-il privilégier un rendu plus naturel ou un rendu plus pro (mais peut-être plus “impersonnel”) ? Je n’ai pas tranché mais j’ai tenté autre chose que les photos habituelles à savoir une présentation à partir de la version scannée du dessin (je n’ai pas d’appareil photo mais j’ai un scanner, l’investissement financier n’étant pas le même ).
Autre expérimentation à partir de la version scannée : le mockup qui est la projection d’un visuel (ici une illustration) sur son support (ici un cadre), cela à partir de modèle tout prêt, gratuit ou payant. De manière très concrète, le mockup permet à une personne qui aimerait acheter un dessin, de le visualiser dans un cadre et par ricochet de l’imaginer plus facilement chez elle. J’ai inséré mon illustration sur deux modèles de mockup :
Je réalise que je n’ai pas donné de titre à mon dessin. Vous avez des suggestions ?
Bonus spécial cerises
La meilleure recette de clafoutis, selon moi, est celle de Christophe Michalak avec la poudre d’amandes. La texture est différente d’un clafoutis classique mais il est vraiment très bon et la recette est ici, sur mon blog.
D’autres recettes testées et approuvées avec des cerises : le flan pâtissier, le clafoutis cerise pistache au lait d’amande, le cake aux cerises et à la pâte d’amande.
Mes inspirations du moment
La Commedia dell’Artiste de Clod
La dernière édition de la newsletter de Clod intitulée La Commedia dell'Artiste était consacrée à la vanité des artistes, forcément présente du moment où l’on a la volonté de montrer nos dessins/peintures/art. Après tout, pourquoi ne pas se contenter des moments de quasi méditation qu’offre la pratique d’un art sans volonté de partager ? Clod donne des pistes de réponse à laquelle j’ajouterai le besoin de reconnaissance (et pas forcément par la “société” mais plutôt par des proches dont on attend une validation parfois toute une vie, en vain). Si vous avez le temps, je vous conseille de lire aussi sa newsletter sur le modèle vivant. Cela me donne envie de tenter l’expérience, peut-être à partir de septembre prochain (à Lyon avec le Paon, il y a des cours ponctuels les mercredis soirs)
Une exposition autour des agrumes au Miam
J’ai récemment consacré plusieurs dessins aux agrumes et si j’étais à Sète, je serais curieuse d’aller voir l’exposition du Miam (quel nom extra pour un musée, musée international des arts modestes). L’exposition Superbemarché, met en avant une collection inattendue : les papiers d’agrumes ! (ces petites feuilles colorées qui emballent oranges et clémentines depuis des décennies). Une occasion de redécouvrir sous un angle artistique et historique ce qu’on a parfois sous les yeux dans le quotidien mais qu’on ne voit pas forcément.
Harmonie d’été d’Alfred Smith
Le tableau, Harmonie d’été d’Alfred Smith (peintre bordelais comme son nom ne l’indique pas) a été partagé sur le compte Instagram du Musée d’Orsay le 21 juin. Malheureusement il n’est pas exposé en ce moment dans le musée mais admirez ces touches de lumière.
A défaut de trouver en ligne un extrait du spectacle Grace de Benjamin Millepied que j’ai eu la chance de voir dans le cadre exceptionnel des arènes de Fourvière très récemment, je termine cette newsletter avec une vidéo de la compagnie de ce chorégraphe.
Merci votre lecture ! Merci aux personnes qui ont recommandé ma newsletter et qui font grandir le nombre d’abonnés ! Au plaisir d’échanger avec vous en commentaire ou en mail ❤️.
Mentionnés dans cette newsletter :
L’âme en fleur, Victor Hugo, éditions Seghers (
Clod illustrateur
Superbemarché, exposition du 11 avril 2025 au 8 mars 2026 au Miam.
Harmonie d’été d’Alfred Smith
Grace de Benjamin Millepied









J’étais abonnée à la NL de Clod, mais j’ignore si je me suis désabonnée ou ??? Je viens de me réabonner. Merci pour le rappel.