Tenter sa chance #39
Bienvenue dans cette newsletter gratuite, écrite et illustrée sans IA. Je partage mon cheminement d’artiste autodidacte, mes projets et mes sources d’inspiration.
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Je sais bien qu’il est difficile de faire admettre qu’une peinture puisse être de la très grande peinture en restant joyeuse. (Renoir)
Je viens de jeter un œil à l’espace “site web” de la plateforme substack (ce qui me sert à envoyer cette newsletter et toutes les autres) et je me rends compte que, sans le vouloir, j’ai la régularité d’un métronome quant au rythme de publication de mes newsletters. Corolaire à cette observation, la dernière étant datée du 19 avril, il ne me reste plus que quelques jours pour respecter mon calendrier intériorisé. Or, un peu restreinte ces derniers temps par ce qui ressemble à une tendinite qui reste enflammée faute de repos total, j’ai moins dessiné et utilisé mes pastels. Cette trente-neuvième newsletter (déjà ?) sera ainsi moins fournie mais je l’espère, toujours digne de votre attention (vous êtes 267 abonnés !).
Portrait de deux sœurs
C’est en commençant à lire la correspondance entre Virginia Woolf et sa sœur peintre, Vanessa Bell et en découvrant les photos en noir et blanc que contiennent ce livre qui réunit 40 ans de lettres échangées que je me suis lancée dans le portrait des deux artistes.
J’ai commencé par un tracé très léger au crayon de couleur puis j’ai travaillé par couches, comme habituellement, avec une gamme de pastels à la cire que j’avais définie au préalable.
Non Virginia Woolf n’était pas rousse et blonde mais c’est comme ça que j’avais envie de la représenter. Ce que j’ai noté est que la réussite des yeux et du regard est primordiale : une pupille mal positionnée et le visage prend tout de suite une allure étrange, parfois indolente, parfois presque agressive. Une paupière pas trop ouverte et le regard est mélancolique comme ci-dessous.
Au fur et à mesure de ma lecture (j’y ai consacré un billet sur mon blog), j’ai recommencé trois fois le portrait de Vanessa Bell (et aucune des 3 versions ne me satisfait réellement). Pourquoi m’a-t-elle comme résisté alors que tout coulait pour sa sœur ?
Nos amis les bêtes
Suite à la série de dessins de chiens croisés à Turin réalisés à mon retour à Lyon, j’ai eu envie de les réunir dans une affiche. Comme je ne travaille que manuellement (pas de tablette de dessin ni de travail sur l’ordinateur), pour réaliser cette affiche, j’ai scanné un par un les dessins, je les ai détourés (j’ai tracé, cette fois à l’ordinateur, un contour autour de chaque chien et j’ai gardé uniquement le chien et pas l’espace autour) puis j’ai passé pas mal de temps à les assembler pour que l’ensemble soit équilibré. Si je trouvais un imprimeur à la hauteur de la qualité que j’attends (c’est à dire qui n’efface pas le travail de couches spécifiques aux pastels) et pas hors de prix, c’est le genre d’affiche que je pourrais proposer à la vente. J’en ai une autre en préparation spécial viennoiseries.
C’est en voyant cette affiche sur Instagram, qu’on m’a demandé si je pouvais dessiner, en format carte postale, un cocker, un colley (Lassie si vous avez la référence) et un corgi. Me voilà avec du poil sur la planche :). Parallèlement, apparait dans mon agenda la mention “défilé de chiens” (dans mon quartier un week-end de mai, parce que je préfère travailler à partir de mes propres photos que celle que je peux trouver en ligne).
Je voudrais dans mes peintures, vise Renoir, qu’il n’y ait pas une seule couleur qui frappe l’œil, que tout se soude.
Flamboyant vertige
En dehors des portraits humains ou canins, je passe pas mal de temps à réfléchir à ma participation au concours lancé par Kiblind, qui est à la fois une agence d’illustration (organisatrice du festival IF qui a lieu depuis plusieurs années à Lyon, dans le très chouette cadre des Subsistances), un atelier. boutique où on peut éditer des risographies et en acheter et un magazine papier.
Kiblind, fin avril, a lancé un appel à participation sur la thématique “Flamboyance”. Les 30 illustrations sélectionnées seront publiées dans le numéro de septembre du magazine et exposées au prochain festival de l’illustration IF le 26 et 27 septembre prochain.
L’échéance est très courte puisque l’envoi d’une illustration doit avoir lieu avant le 31 mai dernier délai.
A chaque fois que je marche pour aller travailler, je laisse venir à moi toutes les images qu’évoque le mot flamboyance (et aussi tout ce que je suis capable techniquement de dessiner, ce qui élimine pas mal de choses en toute honnêteté). J’ai consacré toute une après-midi à choisir ma palette de couleurs. J’ai des esquisses dans un carnet mais pour l’instant j’hésite encore entre deux pistes qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre.
En dehors de mon bras que j’essaie de ménager (dit elle en écrivant une newsletter), le gros challenge, pour moi, est le format demandé (A3 c’est à dire 29,7 cm sur 42 cm). Je sais c’est pas la chapelle Sixtine ni le radeau de la Méduse quand on a toujours travaillé sur du petit format (maximum A4), cela signifie savoir changer d’échelle et conserver les bonnes proportions.
Si d’ici le 31 mai, j’arrive à avancer sur ce projet, je vous montrerai l’illustration envoyée dans ma prochaine newsletter.
ciel flamboyant par ma fenêtre, 10 mai
Les inspirations du moment
I am Martin Parr
Selon Lee Shulman, Martin Parr n’a cessé de « montrer le monde comme il est, et non comme on voudrait qu’il soit»
Dans le cadre du festival Ciné O’clock, le Zola (un cinéma que j’aime bien à Lyon, une seule salle, une bonne programmation, un ciné qui ne peut pas être plus près qu’il ne l’est de la bouche de métro, ce qui met à terre toutes les excuses même quand il pleut) proposait le documentaire I am Martin Parr sur le photographe. Lee Shulman l’a suivi alors que bien qu’affaibli physiquement (il se déplace avec un déambulateur), Martin Parr immortalise ce qui l’entoure, crapahutant sur les jetées d’une station balnéaire, sur la plage, dans un dancing ou dans les rues d’une petite ville qui fête l’anniversaire du couronnement d’une tête royale. Pas de moquerie dans le regard de Martin Parr, pas de condescendance mais le chic pour voir le détail que personne d’autre ne voit, pour, sous le vernis de l’humour, suggérer le tourisme de masse, la pollution, la malbouffe ou la surconsommation.
Ce documentaire est en ligne sur France TV jusqu’au 14 juin 2026.
Avant que le documentaire démarre, le directeur du Zola nous a parlé de The anonymous project de Lee Shulman. Ce réalisateur et photographe a découvert, un jour, une vieille boîte en cartons remplie de diapos oubliées. Il s’est attaché à ces archives anonymes, les a collectionnées. Ces instantanés sont le témoin d’une époque.
En Bref
Le voyage guidé par le regard d’un artiste
On reste dans l’univers de la photo avec une collection de guide de voyage, Portraits de villes sur laquelle je suis tombée par hasard et qui mêle photos et textes. Une autre façon de voyager, de prolonger le voyage mais aussi de découvrir de nouveaux photographes. Rome, Le Caire, Naples, Tokyo, quelle destination vous tente le plus ?
Le film Sorda
Angela est sourde, Hector est entendant. L’arrivée au monde de leur enfant va bousculer leur couple. Ils sont à la fois confrontés aux bouleversements liés à leur nouvelle place de parent et à des questions inédites. Alors qu’Hector espère que leur fille soit entendante, Angela craint de se retrouver encore plus isolée qu’elle ne l’est si c’est le cas.
Juste, sensible, émouvant.
Les mini-formats de Rambling sketcher
Je suis vraiment épatée par ses devantures de boutiques ou de bâtiments en mini-formats. C’est vibrant, pas figé, avec juste ce qu’il faut de détails.
crédit photo : compte instagram Rambling sketcher
Portfolio spécial café
Vous tenez un boutique, un librairie, un coffee shop autour du café ou ce thème vous intéresse pour une exposition ? J’ai ressemblé toutes mes illustrations autour du café dans un portfolio. N’hésitez pas à m’écrire si vous êtes intéressé.
Je termine avec les titres auxquels vous avez échappés :
”C’est pas la taille qui compte mais quand même“
“Compte à rebours”
”Echapper Belle”
”Baisser le bras ou pas ?”
La chanson que j’écoute en boucle en ce moment et dont j’adore le “J’ai le coeur qui parle en morse, qui part en morceaux”:
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Mentionnés dans cette newsletter :
Baiser du Singe (et ce que j’en ai pensé)
Kiblind
Illustration festival
festival Ciné O’clock du cinéma le Zola
documentaire I am Martin Parr
Lee Shuman et the Anonymous project
Collection Portraits de villes
Le film Sorda
L’artiste Rambling Sketcher
Précédemment :














J’adore ton affiche avec les chiens 😍