Entre chiens et chaises #38
Bienvenue dans cette newsletter gratuite, écrite et illustrée sans IA. Je partage mon cheminement d’artiste autodidacte, mes projets et mes sources d’inspiration.
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Si je crée avec mon cœur à peu près tout fonctionne, si c’est avec ma tête, presque rien. (Marc Chagall)
Ces dernières semaines, malgré ce qui ressemble à un tennis elbow sans la raquette, j’ai rempli mes carnets, expérimentant même autre chose que les pastels (des croquis aux feutres fins noir). Idéalement il faudrait que je repose totalement mon bras : j’évite de porter des charges lourdes mais je ne suis pas assez raisonnable pour arrêter le dessin. Et pour l’instant la douleur ne passe pas.
Nettoyage de printemps oblige, j’ai rangé et trié mon matériel et j’ai mis de côté des impressions faites au fil du temps de certaines de mes illustrations. Je n’ai pas eu le temps de les photographier ou les scanner pendant cette semaine de vacances qui s’achève mais ce sera l’objet de ma prochaine newsletter avec la possibilité si vous êtes intéressé(e) de les acheter.
Chaises d’artistes
Les cours pour apprendre l’aquarelle sont nombreux que ce soit en présentiel ou en ligne. Ceux consacrés aux pastels gras sont beaucoup plus rares, probablement car les pastels sont toujours associés dans les esprits aux crayolas qu’on met en maternelle entre les mains des enfants.
L’artiste Banhee Lee est une des rares illustratrices (dont le medium sont les pastels à la cire) qui met en ligne très régulièrement (sur patreon) des vidéos en temps réelle dans lesquelles elle explique (en anglais, je travaille aussi ma compréhension orale)) chaque étape d’une illustration tout en dessinant. Elle propose tous les mois des focus sur certains points (combinaison des couleurs, composition, sujets particuliers comme les fleurs qui est un de ses points forts) et des sélections de photos d’inspiration. En souscrivant à un abonnement mensuel (qui est une toute petite somme par rapport au tarif de la plupart des cours de peinture ou de dessin), je soutiens aussi son travail d’artiste.
En avril, le thème de travail de Banhee Lee est les chaises sous tous les angles (de face, de dos, de profil, en contre-plongée) et sous toutes les formes. J’ai commencé par dessiner un tabouret, des chaises de bistrot, les fameuses chaises vertes du jardin des Tuileries. Puis en cherchant comment les artistes se sont appropriés ce mobilier (on pense forcément à la chaise de Van Gogh), j’ai découvert celles de David Hockney dont la très colorée ci-dessous.
J’ai repris, avec une gamme de couleurs que j’utilise souvent, deux autres chaises en noir et blanc de l’artiste anglais.
J’ai suivi une vidéo pas à pas de Banhee Lee d’une illustration d’un intérieur avec un fauteuil rayé en changeant uniquement quelques détails (une cafetière italienne et des livres à la place de plantes) :
Pas de scoop, plus on dessine de chaises, plus cela devient fluide.
A table ou à la montagne
Toujours dans l’optique d’améliorer ma pratique des pastels, j’ai pioché dans le livre “Apprendre le pastel en 10 leçons”, deux pas à pas de deux illustratrices différentes :
-celui de Sophie Weidler-Baucher et de sa table de déjeuner (en réalité une partie de la table, la table en entier étant beaucoup plus grande et remplie de détails)
Ce que j’en ai retenu : des traits très fins qui pourraient être réalisés aux crayons de couleur, peu d’aplats et pas mal de motifs (nappe, vaisselle) pour rendre le tableau plus vivant.
Ce que j’aime aussi c’est la place du blanc dans sa scène. Cela aère le dessin (et c’est quelque chose que j’aimerais être capable d’appliquer plus).
-le pas à pas de Claire Ginestoux et sa montagne fleurie. Elle insiste en préambule sur le fait de “saisir les sensations et les émotions” plutôt que de reproduire fidèlement, de se concentrer sur la couleur et le geste plus que sur la représentation. De fait j’ai avancé avec des fondus et des tâches de couleur.
Sur leurs talons
J’aurais du, en toute logique, lors de mon escapade récente à Turin, être attentive aux chaises vues sur les terrasses, dans les bars et restaurants, sur les balcons et dans les espaces urbains ? Il se trouve que j’ai commencé à dessiner des chiens juste avant mon départ alors j’avais en tête de revenir avec quelques photos de modèles.


Y a-t-il plus de chiens à Turin qu’à Lyon ou les ai-je plus remarqué parce que je les '“cherchais” ? Je ne sais pas mais j’ai vu beaucoup de chiens, j’ai croisé des personnes qui en promenaient jusqu’à 3 en même temps (propriétaire ou dog sister ? mon italien est trop basique -euphémisme - pour que je puisse engager la conversation et poser la question), j’ai vu, collée sur un poteau, une annonce proposant de garder et balader des chiens. De retour à Lyon, j’ai travaillé sur une série de chiens aux pastels à la cire en format carte postale.
La difficulté principale avec le thème des chiens, et plus largement avec les animaux, est de parvenir à rendre vivant leur regard. Je me souviens avoir dessiné des oiseaux qui avaient l’air agressif pour une question de pupille mal placée alors que ce n’était pas mon intention.
Paupière tombante du basset, contour de l’œil souligné du cocker, yeux mi-clos, le dessin change vraiment après la réalisation de l’œil.
Les autres dessins de la série sont en ligne sur mon blog (avec un événement qui pourrait être l’occasion de dessiner d’autres chiens).
lecteur turinois
Les inspirations du moment
La librairie sans nom
Je ne pourrais pas vous donner le nom de cette librairie dans laquelle je suis rentrée à Turin car sur la devanture, il était inscrit uniquement Libreria. Composée de plusieurs petites pièces en enfilade, je lui ai trouvé un charme certain avec ses meubles d’antiquité soigneusement sélectionnés, ses fauteuils qui semblaient nous inviter à nous installer, son coin carterie et ses rayonnages remplis de livres en italien.




Couverture illustrée
Restons avec les livres. Etes-vous attentif à la couverture de ces derniers ? Possible que les éditeurs fassent, de plus en plus, dans un futur prochain le choix de l’IA pour des raisons de rapidité et d’économie mais pour l’instant, il arrive qu’elles soient illustrées par des artistes.
Ainsi l’illustratrice Lil Sire a signé la couverture du roman Source de chaleur dans sa version poche. Le livre parlant de la culture Aïnoue, Lil Sire explique qu’elle a créé un tableau d’inspiration en effectuant des recherches sur cette ethnie et en rassemblant des photos des lieux (le roman se passe à Hokkaidō) et de personnes portant des vêtements traditionnels. Dans une première proposition, elle mettait en avant le motif récurrent se trouvant sur ces vêtements. La version définitive (ci-dessous) mêle paysage et motif sur le personnage en bas à droite. J’espère être assez talentueuse un jour pour mener ce genre de projet.
En Bref
Highway 61 de Louise Laborie
J’ai d’abord cru que les illustrations de Louise Laborie étaient réalisées à l’ordinateur avant de découvrir qu’elles marient aquarelle et fusain. J’aime beaucoup ses flous et sa série Highway 61 qui nous emmène sur les routes en Amérique (coup de cœur par exemple pour son portrait Tennessee Blues)
crédit photo : compte instagram Louise Laborie
Une définition de l’amour par Camille Laurens
Ce serait peut-être une définition de l’amour, celle de Flaubert : la curiosité. Etre soudain, tellement curieux de quelqu’un, fou curieux. Connaître l’autre, co-naître, naître au monde avec lui, tel est l’unique projet. La phrase la plus éloignée de l’amour ne serait pas “je te hais” mais “je ne veux pas te savoir”.
Intérieur d’Armand Guillaumin
Quoi vous ne connaissez pas Armand Guillaumin ? Moi non plus jusqu’à ce que je tombe en arrêt devant ce tableau, Intérieur, réalisé aux pastels dans un catalogue d’exposition (une exposition autour du pastel qui a été présenté au musée d’Orsay) trouvé dans ma bibliothèque de quartier.
Jón Kalman Stefánsson est de retour !
Joie d’entrevoir dans une vitrine de librairie un nouveau livre de Jón Kalman Stefánsson, un de mes écrivains préférés et celui grâce à qui j’ai plongé dans la littérature islandaise (avec Asta, Entre ciel et terre, Lumière d’été puis vient la nuit entre autres). À écouter un avant-goût de Corps célestes à la lisière du monde dont je vous en reparlerai probablement quand je l’aurai acheté et lu.
Je termine avec les titres auxquels vous avez échappés :
”Vous aimez les chiens ?“
“Waf waf”
”Dessin elbow”
”C’est qui le patr(e)on ?”
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Mentionnés dans cette newsletter :
illustratrice Banhee Lee
site Patreon
La chaise de Van Gogh
Number one chair, David Hockney
livre Apprendre le pastel en 10 leçons
artiste Sophie Weidler-Bauchez
artiste Claire Ginestoux
série quelques chiens croisés à Turin
illustratrice Lil Sire
roman Source de chaleur
illustratrice Louise Laborie
peintre Armand Guillaumin
Jón Kalman Stefánsson
roman islandais Corps célestes à la lisière du monde
Précédemment :




















J'attends toujours ta newsletter avec impatience : elle nous permet de tisser un lien entre toutes tes images postées ailleurs. C'est comme une histoire qui se découvre au fur et à mesure, ou un sentier caché...sous les glycines 🤩
Et je confirme, les italiens sont des pet's addict ( moins que les Anglais mais personne ne peut rivaliser 😅) : ça m'a frappé à Milan également !
je crains que le repos ne soit la meilleure option et surtout l'évitement du geste qui a provoqué la douleur